31 juillet 2026 · Coréen
Ce sera le coréen
Il fallait une langue sans parenté connue. Deux candidates, une seule place — et un argument qui a fini par l'emporter.
Le basque racontait une histoire de survie : une langue installée en Europe occidentale avant les langues indo-européennes, qui les a toutes vues arriver et qui est toujours là. Son ergativité oblige à repenser ce qu'est un sujet, et sa littérature imprimée commence en 1545 par un livre qui crie à sa propre langue de sortir de chez elle.
Le coréen raconte une histoire d'invention : en 1443, un roi fait concevoir un alphabet pour sa langue et écrit noir sur blanc pourquoi. Le hangeul est le seul système d'écriture au monde dont on connaisse l'auteur, la date et l'intention — et dont la forme des lettres imite la position des organes qui les prononcent.
C'est ce dernier point qui a tranché. Le livre parle déjà beaucoup d'origines obscures et de filiations reconstruites ; il lui manquait le cas inverse, celui d'une écriture entièrement délibérée, datée, signée. Le coréen donne les deux d'un coup : l'isolat qui interdit la comparaison, et l'alphabet qui a été pensé.
Le basque ne disparaît pas pour autant : il reste dans la frise, et sa phrase de 1545 demeure la meilleure définition qu'on ait d'une langue minorée.